Fat White Family
6Note Finale

Pour écouter la Fat White Family il faut la voir ; signe que l’industrie discographique est au plus mal alors qu’elle ne s’est jamais aussi bien portée, du moins en terme de disques produits. Il est vrai qu’enregistrer un album à la maison est devenu aussi aisé que la recette des pâtes carbo et que le résultat n’a plus rien à voir avec le crachat Lo-fi des cassettes des années 80 – ce qui n’est d’ailleurs pas toujours un succès.

Pour ceux qui auraient décidé de s’isoler il y a 4 ans dans une cave sans fenêtre, et sans Internet, bon retour dans le monde ! Pour rappel : les Fat Whites sont un quintet du sud londonien habitués des squats et des indemnités chômage et ils ont fait paraître en 2011 un album intitulé Champagne Holocauste sur Fat Possum Records dont on trouve désormais une édition Deluxe à télécharger sur Bandcamp pour la modique somme de £5. Un second album enregistré aux Etats-Unis est en préparation. Sur album, les Fat Whites c’est un patchwork Shoegaze fadement bruitiste et pas franchement cohérent, ni bon ni mauvais par conséquent. Leur musique est aux Spacemen 3 ce que la nouvelle cuisine est aux plaisirs gustatifs : diététique, pas trop dégueulasse, un tantinet chiante. Tout est dans le style plus que dans la composition, ce qui n’interdit pas d’avoir de bonnes chansons.

« Je pense que la clef du Rock’n’roll, comme forme artistique, c’est que c’est une chose accessible à n’importe qui. Tellement facile à jouer ; juste deux notes. C’est la façon dont tu les joues, la mentalité et l’approche qui fait tout. Tu n’as pas besoin d’avoir un background particulier ou une éducation particulière – tout ce dont tu as besoin c’est d’une passion pour le son et l’expérimentation » (Propos recueillis par Noisey).

Pour le NME, c’est le couplet-gagnant : un disque rock du genre oui-mais-pas-trop et des déclarations calibrées pour figurer dans le plus déluré des tabloïds britanniques. Figurent parmi leurs faits d’armes : avoir lancé une tête de cochon sur leur public ; l’interdiction faite par Franz Ferdinand d’assurer leur première partie ; d’autres diatribes remplies d’insanités contre la droite britannique ; avoir porté une bannière avec l’inscription « The Bitch Is dead » à la fête d’enterrement de Margaret Thatcher initiée par les mouvements de gauche en Angleterre. Parions que les Fat Whites ont voté Travailliste aux dernières élections :

Adam J. Hamer (guitare) : « [Les Tories] ont donné tellement de pouvoir à l’argent que […] dans peu de temps [Londres] va devenir une ville pour les touristes et les bureaux des grosses entreprises. Ce sera comme à Paris, tout le monde vivra en Banlieue ».

Les USA, où ils n’arrêtent pas de tourner, sont devenus le pays d’adoption de ces britanniques à l’accent vaguement cockney (ils ont même joué chez Letterman, le Gourou du Talk Show télévisé). Sur scène tout sonne bien à propos : la mauvaise bière ; les mimiques et la pose de Lias Saudi qui remonte l’histoire du rock par ses irrévérences ; le public qu’il sait séduire par ses outrances quand il apparaît quasi-nu en se frottant le corps avec du beurre et en multipliant les obscénités aidé de quelques complices.

Façon de dire que la scène est bel et bien devenue le meilleur endroit du monde pour écouter de la musique. Bien meilleur en tout cas que son Ipod. Dommage qu’on n’y soit jamais seul.

Lias Saudi - Fat White Family. Photo : Emmanuel Leroy.

Lias Saudi. Photo : Emmanuel Leroy.

Lias Saudi et Adam J. Hamer

Lias Saudi et Adam J. Hamer. Photo : Emmanuel Leroy.

https://fatwhitefamily.bandcamp.com

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