Bruit Blanc vous propose en tir groupé une playlist qui a toutes les couleurs de l’automne et qui met les guitares à l’honneur.

Hand Habits – « Wildly Idle (Humble Before the Void) » (Woodsist, 2017)

Meg Duffy est connue pour exercer ses talents de guitariste au sein du groupe de Kevin Morby (dont on ne rappellera jamais assez tout le bien que l’on pense de lui). Elle s’est plus modestement fait remarquer au sein du groupe de Seattle, Mega Bog. Sur « Wildly Idle (Humble Before The Void) », elle arpente un sillon onirique évoquant par certains égards celui de Low (en version presque dynamique), Grouper ou une version précieuse et nonchalante des Microphones. Malgré quelques longueurs, « Wildly Idle » est un album qui vaut pour la finesse de ses mélodies magnifiquement portées par la voix pâle de Meg Duffy et son jeu de guitare. Elle jouera le 27 avril prochain à l’Espace B.

The Feelies – « In Between » (Bar/None, 2017)

The Feelies n’est pas, ou plutôt n’a jamais été, un groupe qui enregistre tous les quatre matins (six années entre le premier et le second album). Et on peut parier qu’on ne découvrira pas une montagne d’inédits quand la formation du New Jersey se décidera à jeter l’éponge. Pour leur sixième album, en tout juste 37 ans, ces héritiers du Velvet Underground continuent de faire le pont entre pop culture et proto-punk, soit la recette de l’Indie-pop. Bien que le genre ait été de longue date perverti par leurs successeurs, qui l’ont depuis traduit en fourre-tout musical sans consistance ni saveur, le premier album du groupe, Crazy Rhythms (Stiff Records, 1980), est un classique qui se doit de figurer dans toute discothèque. In Between est dans la droite ligne des albums qui l’ont précédé, « The Good Earth » (Coyote Records – Twin/Tone, 1986) ou encore « Only Life » (A&M, 1988) : rigueur rythmique empruntée aux Modern Lovers, mélodies portées par des guitares au son légèrement saturé qui rappellent les meilleurs heures de Television, et un climat général que n’aurait pas renié Lou Reed.

Omni – « Deluxe » (Trouble Mind, 2016)

Omni évolue dans un genre qui, s’il n’en était pas un au début des années 80, l’est curieusement devenu durant les années 2000. Cette période initiale de syncrétisme musical à laquelle le trio d’Atlanta fait référence, le post-punk, est devenu un genre en soi, un funk blanc où la basse dialogue avec les guitares pour le meilleur et, plus souvent qu’à son tour, pour le pire. Dans ce registre musical, la production de « Deluxe » fait en quelque sorte défaut. Le son de l’album y est aussi mince que le fil d’un rasoir. Une alchimie qui repose donc sur un impair mais qui fonctionne plutôt bien, grâce à la guitare avisée de Frankie Broyles (anciennement guitariste de Deerhunter) évoquant Johnny Marr à ses débuts. Cette comparaison avec les Smiths n’est pas démentie par la scène, bien au contraire. Sur album en revanche, Omni fait plus volontiers penser aux bootlegs des Minutemen ou encore au groupe de Detroit, Protomartyr. En terme de production, Omni constitue donc le contre-pied des groupes actuels et c’est justement ce qui le rend intéressant. A méditer.

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