Le « Collectif pour un festival respectueux de tous » avait lancé une opération baptisée « Jéricho » (relayée par le site catholique « Le salon beige ») pour protester contre la tenue du festival de musique metal Hellfest (considéré par le collectif comme anti-chrétien et propagateur du satanisme) dans la ville de Clisson.

Il s’agissait de se réunir, le 7 mai 2015, pour une prière de rue silencieuse, sous le patronage de sainte Thérèse de Lisieux. Las, la mairie de Clisson a interdit le rassemblement en arguant qu’il s’agissait d’une manifestation sur la voie publique et que les organisateurs devaient donc communiquer leurs nom, prénom et adresse, ce que ceux-ci refusent pour ne pas « nous retrouver sous le coup du fichage ou de dénonciation pour fondamentalisme » (site « Provocs Hellfest, ça suffit »). L’affaire s’est toutefois envenimée puisque des tags proclamant « Vade retro satan » et « St Michel protège-nous » ont profané le site du festival, provoquant immédiatement un communiqué incendiaire de la Fédération de la Libre Pensée qui s’exclame : « Liberté pour le Hellfest! ».

Le rock’n’roll tue 

Il est à noter que le site du Collectif pour un festival respectueux de tous, « Provocs Hellfest, ça suffit », fournit un certain nombre d’informations précieuses, notamment un texte sur « l’influence de la musique rock sur le comportement », dans lequel on peut lire que « Le rock n’est pas un passe-temps inoffensif. C’est une drogue plus mortelle que l’héroïne et qui empoisonne la vie de nos jeunes » (Adam Knieste, musicothérapeute).

Mais ce n’est pas tout, non content d’être une drogue, « les médecins ont prouvé que le rock engendrait des troubles sexuels. ». En effet, une étude médicale aurait démontré que « l’amplification des guitares-basses, auxquelles s’ajoute l’effet répétitif du beat, produisent un effet considérable sur le liquide cérébro-spinal. ». On est déjà considérablement inquiet mais on ne savait pas encore que « A son tour, ce liquide affecte directement la glande pituitaire qui commande la sécrétion d’hormones. ». Et alors ? C’est grave, docteur ? Oui, extrêmement grave, puisque le résultat est que « les diverses fonctions de contrôle des inhibitions morales tombent en-dessous du seuil de tolérance ou sont complètement neutralisées. ».

On trouve aussi sur ce site des textes déchirants comme le « Témoignage d’une ancienne adepte du métal » qui commence par ces mots : « Voilà jour pour jour 2 ans que Dieu m’a sortie des enfers dans lesquels je m’étais laissée tomber. ».

Sauvons Satan

Il est vrai que la plus grande ruse du Diable est de faire croire qu’il n’existe pas mais, au vu de la sécularisation croissante de la société française, il semble bien que Dieu ait décidé d’adopter la même tactique. Aussi, les contempteurs du Malin devraient-ils peut-être se demander si le Hellfest ne figure pas parmi leurs alliés objectifs. Il est clair que la plupart de nos concitoyens ne croient plus du tout à l’existence du Diable, la plupart de nos curés non plus d’ailleurs, et sans Satan point de Dieu. Les catholiques ont tout intérêt à voir se réactiver une saine et vigoureuse croyance en l’existence réelle du Diable. Plutôt que de chercher à interdire le Hellfest, ils feraient donc mieux de s’acoquiner avec les Libres Penseurs (de la libre pensée trotskiste) pour crier : vive le Hellfest !

A part ça, le metal, c’est vraiment de la musique de merde.

2 Réponses

  1. penaguin

    Et ce qu’il y a de bien, mon cher Patrick, c’est que contrairement au Diable, Saint Michel n’exige pas votre âme en échange de sa protection, une sainte vierge en plastique suffit amplement à le contenter.

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