Le passionné d’Histoire n’a pas la vie facile. Il est en effet sans cesse confronté à un dilemme : doit-il privilégier de ouvrages scientifiquement rigoureux mais terriblement ennuyeux à lire ou bien est-il préférable qu’il succombe aux attraits de livres plus faciles d’accès mais discutables d’un point de vue académique ?

Il se trouve que, malheureusement, une bonne partie des livres d’Histoire publiés sont des pavés de 800 pages écrits avec une truelle. Bon nombre de nos sommités universitaires actuelles sont tout simplement illisibles, même quand ils publient en édition de poche.

Il existe de plus des pays et des périodes qui se prêtent particulièrement mal à un exposé clair et accessible à tous. Il en va ainsi notamment de l’Italie médiévale, véritable mosaïque politique et sociale où il est très compliqué de se repérer, entre la multitude des républiques, duchés ou villes indépendantes et le réseau complexe d’influences extérieures (espagnoles, françaises, allemandes, byzantines).

Viva San Marco !

C’est pourquoi, nous recommandons chaudement La Venise des Doges, mille ans d’Histoire (éditions Tallandier). L’auteur, Amable de Fournoux, retrace toute l’histoire de Venise à travers les figures de 16 doges (ou ducs), chefs suprêmes (mais aux pouvoirs très encadrés) de la république des lagunes. Bien écrit, clair et précis, le livre rend chair et couleur aux querelles incessantes entre la Papauté et le Saint Empire, au déclin inexorable de l’Empire Byzantin, à l’affrontement entre la France et l’Espagne, à la montée en puissance de l’empire Ottoman, au développement du commerce maritime, autant de faits et d’événements auxquels la république de Venise fut intimement mêlée.

On fera ainsi connaissance, par exemple, avec Agnello Partecipazio, doge qui résista aux assauts du fils de Charlemagne, Pietro Candiano qui mourut en combattant les pirates qui écumaient la côte dalmate, Enrico dandolo qui en prenant Constantinople le 12 avril 1204 va assurer à Venise un prestigieux empire colonial, ou encore Lodovico Manin qui aura la douleur de diriger Venise quand Bonaparte va définitivement briser l’indépendance de la ville en 1797.

Et vive la vulgarisation !

« Nous sommes à l’aube du IXe siècle. Un soulèvement populaire vient d’obtenir le renversement de Giovanni Galbaio et de confier les rênes du pouvoir au tribun Obelerio. Contrairement aux apparences, de ce chaos originel va naître l’État le plus sophistiqué de la planète. » (Amable de Fournoux)

Illustration : Le Doge Leonardo Loredan par Giovanni Bellini (London’s National Gallery).

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