Revue de Presse :

Lundi 28 décembre :

Europe : éthique à géométrie variable

Dans un article fleuve, et d’excellente facture, le New York Times retrace le parcours et l’exil de la famille d’Aylan Kurdi, cet enfant âgé de 2 ans retrouvé mort sur une plage turque après que sa famille ait tenté d’échapper à l’enfer des bombardements du gouvernement de Bachar al-Assad et aux représailles des factions armées des rebelles sunnites en Syrie. Les images avaient suscité un vif émoi au moment de leurs parutions, ce qui avait conduit les pays occidentaux à adopter dans la foulée un vaste plan visant à intégrer les réfugiés Syriens et Irakiens. Les attentats de Paris ont changé la donne et les gouvernements européens ont unanimement fait machine arrière depuis que l’on sait qu’au moins l’un des terroristes du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud, s’est glissé dans le flot des réfugiés pour gagner la Grèce depuis la Turquie avant de commettre cette série d’attentat.

L’article met en perspective les ressorts de l’exil de la famille d’Aylan Kurdi, partant de Damas pour rejoindre la Turquie, ainsi que le quotidien des Kurdes de Syrie qui ne bénéficient d’aucune légitimité en tant que minorité. Il montre également pourquoi les débats en Europe ayant trait à la nature de l’immigré, tour à tour victime expiatoire d’un régime oppresseur ou pique-assiette, n’ont pas de fondement logique véritable car il est en particulier impossible de déterminer les motifs de l’exil puisque ceux-ci sont autant d’ordre économique que politique. Les réfugiés politiques, où ceux qui prétendent à ce titre, fuient dans la plupart des cas des conditions de vie misérables qui sont rendues inévitable par un statut de « paria » et d’« intouchable » qui les oblige à occuper des emplois ne trouvant pas preneur parmi les membres « légitimes » de la population.

A partir de là, on peut choisir la voie compassionnelle et vouloir accueillir chacun d’entre eux, en recueillant avec eux tous les problèmes relatifs à leur intégration, ou bien se montrer suspicieux et fermer nos frontières. Ce sont d’ailleurs les deux positions successives adoptées par les pays européens en l’espace de seulement trois mois. Il ne fait aucun doute qu’il est devenu nécessaire de reprendre le contrôle de nos frontières afin de faire face au flux continu des réfugiés. Toutefois, on ne peut se satisfaire d’une attitude de repli identitaire et ignorer le drame humanitaire qui se déroule presque sous nos yeux (d’autant que nous sommes partie prenante du conflit au Moyen-Orient). Entre la générosité à « tout-prix » et l’égoïsme occasionné par la peur des attentats, les gouvernements en Europe seraient bien inspirés de construire un plan d’aide qui ne soit justifié ni par l’émotion (qui ne rend service à personne) ni par la peur d’une contagion djihadiste. L’Europe a le devoir moral de prendre sa part des refugiés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ; il est nonobstant illusoire de croire qu’elle a la capacité d’accueillir toutes les victimes collatérales du printemps arabe et l’ensemble des souffre-douleurs de la barbarie au Darfour et au Sahel. La solidarité est un principe fondé en raison et la solidarité entre les peuples n’échappe pas à cette loi. La « crise des migrants » ne se règlera pas sans effort diplomatique intégrant les pays arabes.

Corse : Français avant tout !

Le Figaro publie un éditorial intitulé « Non à la dislocation » où est dénoncé « l’engrenage mortifère dans lequel s’est enferrée la France » qui « pourrait conduire tout droit à la guerre civile. ». Les récentes manifestations où l’on a vu « des centaines de Corses marcher en criant : Arabes dehors ! » et s’en prendre à un lieu de prière musulman, en réaction à l’agression de pompiers et d’un policier le soir de Noël, sont élevées au rang de symptôme de cette dislocation et de cet engrenage fatal. On pourrait s’attendre à une tentative d’analyse équilibrée de la situation qui a pu conduire à ces manifestations clairement xénophobes à Ajaccio. C’est ce que le début de l’article laisse espérer en indiquant que « Certes, saccager un lieu de culte est hautement répréhensible, de même que se faire justice soi-même. Mais tendre un guet-apens aux pompiers et les accueillir avec des pierres et des barres de fer l’est tout autant ».

Mais cette phrase sera la seule concession faite à la nuance puisque tout le reste de l’article est consacré à une dénonciation en règle du « laxisme » du gouvernement socialiste. D’ailleurs, l’auteur de l’article, confondant étrangement la notion d’ordre chronologique et celle de responsabilité, formule clairement son explication des événements : « Sans guet-apens, pas de saccage ni cris de haine. ». Autrement dit, il est parfaitement logique que des excités profanent un lieu de culte et beuglent des insanités racistes sous prétexte que des délinquants complètement abrutis ont attaqué de manière absolument injustifiable des pompiers et un policier. Et peu importe, apparemment, que les gens agressés par les manifestants n’aient strictement rien à voir avec les auteurs du guet-apens, si ce n’est d’être réputés arabes et/ou musulmans.

Où l’on voit donc une fois de plus un journaliste emprunter allégrement les catégories mentales de ceux qu’il dénonce. Car en effet, attaquer un quartier et ses habitants sous prétexte qu’on a un différend avec certains de ses membres, c’est précisément la logique des bandes de délinquants que Le Figaro conspue. L’attitude des manifestants criant « Arabes dehors ! » est parfaitement semblable à celle des « jeunes musulmans désocialisés » qui auraient agressé les pompiers et le policier. Mais l’éditorial ne s’arrête pas là. Loin de se contenter de réclamer la mise au pas des « zones de non droit » que seraient devenus certains quartiers, l’auteur de l’article en vient, tout naturellement, à assimiler délinquance, radicalisation islamiste (« ces ghettos qui n’ont d’autre ordre que celui des bandes et/ou des prêcheurs de haine »), et crise identitaire. « A l’heure où le pays s’interroge sur ce qu’il est et où certains défendent une forme coupable de relativisme, le chef de l’État doit aussi rappeler qu’il existe une identité française, et non plusieurs. Une identité française exigeante et qui repose sur un socle non négociable de valeurs communes (…) S’il ne la défend pas, s’il ne l’impose pas, d’autres s’en chargeront à sa place, à leur façon. Comme en Corse cette semaine. ». Comment diable peut-on passer sans transition de la condamnation d’une agression de pompiers à l’idée que l’identité française repose sur un socle non négociable de valeurs communes ? De quelles valeurs s’agit-il ? La lutte contre les incendies ? Le respect de l’uniforme ? La trêve de Noël ?

Il est parfaitement évident que l’immense majorité de nos compatriotes, de toutes confessions et de toutes origines, considèrent comme inacceptables de s’en prendre à des pompiers venus éteindre un feu. Il suffit d’ailleurs de connaître un peu les quartiers dits populaires (pour ne pas dire comptant beaucoup d’habitants arabes ou noirs) pour savoir que les vieux maghrébins sont les premiers à fustiger le comportement de certains jeunes de leur « communauté ». Pourquoi parler, dans ce cas, de la nécessité de rappeler « qu’il existe une identité française, et non plusieurs. » ? En dehors du fait que cette affirmation gratuite est hautement discutable, quelle serait l’autre identité française possible qu’il faudrait dénoncer ? Nous pensons quant à nous que la dislocation et l’engrenage fatal commencent quand on subvertit le sens des mots et que le sophisme le plus grossier remplace l’analyse.

Mardi 29 décembre

France : GPA sans GPS

On peut lire dans Le Monde un article intitulé « Les PMA clandestines, une réalité en France » où l’on apprend que quantité de couples homosexuels se rendent à l’étranger pour avoir un enfant par procréation médicalement assistée. La PMA est en effet interdite en France pour les femmes célibataires ou en couple de même sexe, alors qu’elle est autorisée en Espagne, en Belgique ou aux Pays-Bas. L’article, manifestement favorable à l’accès de tous et toutes à la PMA, évoque aussi le cas d’hommes homosexuels comme David et Thomas, « Ce couple d’hommes [qui] a eu un enfant il y a sept ans, Ruben, avec une amie célibataire ». Il s’agit donc ici clairement de GPA (gestation pour autrui) ou recours à une mère porteuse. Un médecin, le docteur Pierre Jouannet, déclare : « Toutes proportions gardées, cette situation ressemble à celle de l’avortement il y a quarante ans. On interdit aux femmes d’accéder à un acte auquel elles ont recours de toute façon. ». Toutes proportions gardées, nous dirons au docteur Jouannet que les deux situations n’ont strictement rien à voir puisque le problème des avortement clandestins était celui des risques qu’ils faisaient courir aux femmes en termes de santé. On se rend compte en tout cas que, malgré les moqueries et le dédain qu’ils ont suscités, certains arguments des opposants au mariage homosexuel auraient mérité d’être pris en compte. Il est indéniable que le mariage homosexuel étant désormais légal, la logique voudrait que la PMA soit accessible aux couples homosexuels. Il est tout aussi indéniable qu’un certain nombre de groupes de pression considèrent que la légalisation du mariage homosexuel n’est qu’une première étape vers la légalisation de la GPA pour les couples d’hommes (et donc pour tout le monde du fait du caractère nécessairement général de toute loi). De ce point de vue, il est significatif qu’un journal comme Le Monde se fasse le relais de ces revendications sans même prendre la peine d’indiquer qu’elles posent toutes une série de problèmes d’ordre philosophique, moral et anthropologique.

Corée du Sud : le Japon paiera pour l’utilisation de « femmes de réconfort »

Plus de 70 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, qui mit fin à la colonisation de la Corée du Sud par le Japon, l’un des motifs de querelle restant entre ces deux alliés décisifs des Etats-Unis est en passe d’être réglé par un accord portant sur l’« utilisation » de « femmes de réconfort » Coréennes par les troupes japonaises, ce qui signifie en langage dé-diplomatisé la prostitution forcée de femmes dans des camps prévus à cet effet (comme l’ont été des femmes juives dans les camps nazis au sein d’unités portant le doux nom de « divisions de la joie »). Il prévoit des excuses publiques ainsi qu’une réparation pécuniaire de 8,3 millions de dollars à partager entre les quelques survivantes de cet « empire des sens » institutionnalisé. Le ministre des affaires étrangères japonais, Fumio Kishida, a solennellement scellé le « deal » par une déclaration officielle à Séoul : « Le principe des femmes de réconfort, avec l’implication des autorités militaires de l’époque, a sévèrement entamé l’honneur et la dignité de beaucoup de femmes ». « A cet égard, le gouvernement du Japon reconnaît avec douleur sa responsabilité ». Avec douleur, en effet, car on estime à plus de 10 000 le nombre de femmes devenues les esclaves sexuelles des troupes de l’armée nippone. Et le dédommagement paraît bien maigre pour les Coréens eux-mêmes, qui nourrissent aujourd’hui encore un grand ressentiment à l’égard des Japonais, d’autant que l’argent ira à une fondation gouvernementale dont l’objectif est de couvrir les frais médicaux des 46 femmes survivantes parmi les 238 qui avaient décidé de révéler, dans les années 90, le supplice dont elles avaient été victimes. Beaucoup des femmes internées dans ces camps n’ont en effet jamais révélé ce qu’elles avaient subi par honte ou par peur d’être stigmatisées.

Mercredi 30 décembre

Chine : je ne sais rien mais je dirai tout

Tsoi Wing-Mui publie cette semaine un livre consacré à l’une des figures de proue de la République Populaire de Chine, Zhou Enlai, qui fut le compagnon de route de Mao Tsé Toung et qui l’a aidé à instaurer le règne de terreur qui suivit la « campagne des cent fleurs ». Le livre révèle un secret d’une telle importance que le très sérieux New York Times se fait un devoir de le rapporter : Zhou Enlai aurait été homosexuel ! A la lecture d’une telle bombe on est en droit de décrocher sa mâchoire. L’auteure en fait la démonstration par l’examen fouillé des carnets de Zhou Enlai où celui-ci fait part de son amitié pour un camarade de classe, Li Fujing, alors qu’il est encore étudiant. La relation qui unissait les deux hommes était plus qu’une simple amitié pour Mme Tsoi, qui présente comme preuve irréfutable un extrait des carnets de Zhou où celui-ci écrit : « Ces mois-ci, la lune ou la brise du matin, la pluie contre ma fenêtre et les fleurs : tout me rappelle ma famille et me fait penser à mon frère Hui [qui n’est autre que M. Li, NDLR] ». L’éditeur de Tsoi Wing-Mui indique sagement que personne ne sait ce qu’il est advenu des tourtereaux pendant leur séjour en Angleterre et qu’il leur était d’ailleurs impossible de vivre leur amour au grand jour (l’homosexualité étant associée en Chine au mode de vie capitaliste). Une autre preuve de cette homosexualité serait l’accueil glacial que réserva Zhou à Deng Yingchao, sa fiancée et future épouse, qu’il n’a pourtant pas vue depuis 5 ans et n’a pas daigné aller chercher à son arrivée à Guangzhou (mufle !). Ceci serait sensé expliquer la relation privilégiée qu’il a toute sa vie entretenue avec Mao et qu’il lui ait ouvert un boulevard vers son ascension au pouvoir plutôt que de se positionner lui-même pour devenir le chef de fil de la révolution communiste. Pour résumer : l’auteure ne sait rien et indique même qu’il n’y a de toute façon aucun moyen de le savoir car si Zhou Enlai avait été homosexuel il l’aurait de toute façon caché. Tsoi Wing-Mui puise dans les carnets des extraits qu’elle exhibe comme un aveu mais dont la teneur permet seulement d’indiquer que le militant politique Zhou n’était peut-être pas exactement le plus grand des poètes chinois. Enfin le journaliste du New York Times justifie son article en indiquant que « Voir Zhou comme homosexuel soulève des questions sur la direction que sa vie et celle de la Chine aurait prise si les relations entre partenaires de même sexe avait été admises ». On ne peut lui donner complètement tort car : si je n’étais pas “moi” je serais différent et c’est donc que je n’existerais pas. Visiblement Tsoi Wing-Mui s’est autorisée à penser en dehors d’elle-même dans une boite crânienne qui n’existe pas.

Jeudi 31 décembre

France : vœux du Président de la République François Hollande

Il y a décidément un mystère François Hollande. Quoi que cet homme dise, la première réaction qu’il suscite est un sourire goguenard, la deuxième un sentiment de méfiance. Il n’y a pourtant pas de raison de douter de sa sincérité quand il évoque son amour de la patrie, son chagrin face aux attentats qui ont endeuillé la France ou son souhait de résoudre les problèmes du pays. Mais il n’y a rien à faire, on ne le croit pas vraiment et surtout, on ne prête pas vraiment attention à ses propos. Peut-être cela tient-il à son regard absent, vaguement opiomane, peut-être à sa grammaire iconoclaste (la France elle est ci, la France elle est ça), peut-être aussi à sa capacité de dire toujours exactement ce qu’il faut dire à chaque moment et dans chaque situation. La France est victime de plusieurs attentats, voilà François Hollande patriote (il l’est peut-être vraiment mais on ne le savait pas avant qu’il lui soit utile de le faire savoir). Le pays réalise des opérations militaires dans plusieurs pays, le voilà rempli d’amour et d’admiration pour les soldats. Il ne peut guère faire autrement, reconnaissons-le, compte tenu des circonstances, mais c’est sans doute ce qui le perd irrémédiablement : il sait comment ça marche, l’opinion publique, la politique, les élections, le travail gouvernemental. Il le sait tellement que même sa sincérité est parfaitement calibrée et donc inopérante.

Une autre chose qu’il maîtrise totalement, une maîtrise tragique, c’est l’art du clin d’œil. Ainsi du mot nostalgie, répété à plusieurs reprises, présenté comme un repoussoir (la patrie ne s’accomplit « jamais dans le repli, la fermeture, la discrimination ou la nostalgie »). Outre que la phrase ne veut rien dire, le Président de la République donne l’impression de dialoguer à distance avec Eric Zemmour ou Michel Houellebecq, à l’instar d’un Manuel Valls en meeting. Ainsi encore de son appel à l’unité nationale (qui n’en peut mais d’être sollicitée à tout propos, la pauvre) afin que soit votée sans coup férir sa modification de la constitution (déchéance de nationalité comprise) : « Quand il s’agit de votre protection, la France ne doit pas se désunir, elle doit prendre les bonnes décisions, au-delà des clivages partisans ». François Hollande n’est pas seul dans ce cas, malheureusement, mais il est particulièrement touché par cette incapacité à se maintenir plus de deux minutes dans le sacré ou, à défaut, dans le solennel. Il lui est apparemment impossible d’évoquer l’honneur de la nation sans immédiatement prononcer une phrase susceptible d’ennuyer la droite (votez pour ma proposition ou vous n’êtes que des démagogues égoïstes) tout en culpabilisant la gauche (vous n’allez quand même pas laisser la droite porter seule le flambeau de la protection des français contre le terrorisme). Toujours le même problème, ce gars est fort, beaucoup trop fort. Tellement fort qu’il risque de trébucher violemment en 2017 sur sa propre habileté politicienne.

Vendredi 1 janvier

Allemagne : Hitler pour tous

Soixante-dix ans après la mort de son auteur, Adolf Hitler tombe dans le domaine public. En théorie, n’importe quel éditeur pourra désormais publier cet ouvrage indigeste rédigé en 1924 par le futur Führer du Reich allemand. En théorie car si l’Institut d’histoire contemporaine de Munich va publier une édition critique du texte, tous ceux qui éditeraient une version non commentée pourront a priori être poursuivis pour incitation à la haine raciale. En France, l’annonce d’une nouvelle traduction accompagnée de notes historiques devant être publié chez Fayard a déjà provoqué des remous, plusieurs personnalités demandant que toute réédition soit interdite. Jean-Luc Mélenchon s’est même fendu, en octobre dernier, d’une lettre (assez comique) aux dirigeants des éditions Fayard pour les abjurer de renoncer à ce projet de réédition. Que tous ceux qui craignent que la lecture de Mein Kampf ne contribue à la radicalisation extrémiste se rassurent. Tout  individu qui se sera infligé la lecture de ce pavé de 800 pages effroyablement mal écrit, rempli de références à des politiciens de l’Allemagne des années 1920 complètement tombés dans l’oubli et émaillé de passages purement délirants qui ne laissent aucun doute sur la santé mentale de leur auteur ne pourra que concevoir une haine inextinguible à l’égard de celui qui leur aura fait subir un tel pensum.

Samedi 2 janvier

France : Michel Delpech, mort d’un type « bath »

Il est étrange de se sentir touché par le décès d’un chanteur dont on n’aimait pas les chansons. Parce que, tout de même, elles n’étaient pas terribles ses chansons. Les tubes, en tout cas. Bon, en fait, même les autres. Mais il avait toujours été là et maintenant il n’y est plus. Difficile alors de ne pas se dire que nous aussi, un jour, on n’y sera plus. Le chanteur Christophe était ami avec le chanteur C.Jérôme et quand on lui demandait pourquoi, Christophe répondait que C.Jérôme était un type « bath ». Les chansons de C.Jérome n’étaient pas terribles non plus, à vrai dire pire encore que celles de Michel Delpech. Mais il est vrai que l’un comme l’autre avaient vraiment l’air de types « baths ». C’est déjà beaucoup. Et n’en déplaise à François Hollande, nous serons nostalgiques tant qu’il nous plaira parce que, évidemment, c’était mieux avant vu que nous étions jeunes et nos cancers aussi.

Dimanche 3 janvier

France : Alain Juppé a peur

Alain Juppé, le Lénine de la droite, accorde un entretien au Journal du Dimanche dans lequel il expose sa conception de l’État. Critique de la politique pénale laxiste de Christiane Taubira (mon dieu, comme c’est original), mise en place d’une amende de 100 euros pour tout consommateur de cannabis (incontestablement une urgence absolue), création d’un délit de consultation de site djihadiste et d’un « délit d’entrave à la laïcité » dans les services publics, construction de 10 000 places de prison, rétablissement des peines plancher, ces propositions montrent que celui que Nicolas Sarkozy traite en privé de gauchiste a décidé de soigner sa droite. La présidentielle de 2017 s’annonce assez amusante si elle oppose un François Hollande désireux de s’allier avec Jean-Pierre Raffarin et le centre-droit, une Marine Le Pen siphonnant le programme économique du Parti Communiste et un Alain Juppé se déguisant en Sarkozy, les bonnes manières en plus. Les propos d’Alain Juppé ont en tout cas le mérite de nous rappeler cette vérité stupéfiante : les gens de droite sont de droite. Un truisme que devraient peut-être méditer les cadors du Parti Socialiste avant de divaguer sur leur « maison commune des forces progressistes » censée réunir à terme les plus « gaucho-compatibles » des politiciens de droite.

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