Je suis enseignant en lycée depuis bientôt 30 ans et je n’ai jamais rien écrit sur l’Education nationale. Il me semblait à la fois impudique et impudent de parler des « problèmes » de l’école en France à partir de ma situation personnelle. Mais à force d’entendre depuis des décennies les mêmes phrases creuses, les mêmes affirmations spectaculairement fausses, les mêmes envolées lyriques grotesques, j’ai fini par me convaincre qu’en fin de compte, chacun devrait exprimer son expérience avec la plus grande candeur possible.

Oui, avec candeur car je suis très frappé par le décalage énorme entre les propos que les enseignants tiennent entre eux et le discours formaté qu’ils diffusent à l’extérieur. La raison en est très simple : il est extraordinairement difficile de reconnaître qu’on est largué, découragé, impuissant.

On en bave mais on est content

On est donc toujours tenté de se réfugier derrière un propos distancié en évoquant des problèmes d’organisation, des dysfonctionnements institutionnels, tout en n’omettant jamais de préciser qu’on adore le métier et qu’il s’agit du plus beau du monde. Mais en procédant ainsi, nous participons, en tant qu’enseignants, à la construction d’un gigantesque village Potemkine de mots qui dissimulent la réalité.

C’est pourquoi, je m’autorise aujourd’hui quelques remarques disparates, à la première personne, sur ce que je vois et entends à longueur d’année dans le cadre de mon métier.

Premièrement, les enseignants sont-ils tous persuadés de faire le plus beau métier du monde ? Sont-ils tous pénétrés du matin au soir de l’exaltante conviction de former les citoyens de demain ? Evidemment non. On persiste à parler du métier d’enseignant comme s’il était exceptionnel tout en lui appliquant de plus en plus les mêmes recettes de gestion et de management que partout ailleurs.

Il suffit d’y réfléchir trente secondes pour comprendre que, bien entendu, les enseignants bossent parce qu’il faut bien bosser pour manger, payer le loyer et s’occuper des enfants. Personne ne se lève tous les matins en s’écriant qu’il va sauver la République. On pourrait penser que c’est un détail mais ce n’est pas le cas. La pression sur les enseignants est extrêmement forte et beaucoup l’intériorisent et se font leur propre persécuteur.

Un métier au poil : sauver la République

Nous ne ferions pas un métier comme les autres. La question est : que déduit-on de cette affirmation erronée (car en réalité, aucun métier n’est « comme les autres ») ? La pratique du métier au quotidien fournit la réponse : il nous est sans cesse rappelé que, puisque nous ne faisons pas un métier comme les autres, nous ne devons pas compter notre temps, nous ne pouvons pas nous permettre de nous plaindre, nous ne devons pas faire grève (contrairement à ce qu’on entend souvent, il n’existe aucune « grèviculture » chez les enseignants, la plupart sont au contraire très réticents vis-à-vis de la grève, pour ne pas « pénaliser les élèves »).

Il faut donc le dire clairement : les enseignants vont souvent au boulot, comme tout le monde, en râlant. Ils ne sont pas transportés de joie quand ils doivent partir travailler, ils ne rentrent pas chez eux avec des étoiles dans les yeux, ils ne font pas des Olas en salle des profs pour célébrer leur plaisir d’être ensemble. Ils s’ennuient souvent. Ils sont fatigués. Ils préféreraient être ailleurs. Ce qui est parfaitement normal.

Deuxièmement, qu’en est-il des rapports hiérarchiques au sein de l’Education nationale ? Etant enseignant depuis trente ans, j’ai vu passer beaucoup de gouvernements, de ministres et de réformes. J’ai donc entendu des proviseurs porter aux nues une réforme puis, trois ans après, chanter les louanges d’une autre réforme…destinée à détruire la précédente.

Le même proviseur vous expliquera imperturbablement que la première réforme est formidable et que la deuxième est fantastique, alors que les deux réformes sont contradictoires. Il en ira de même pour le recteur, l’inspecteur et tout autre figure hiérarchique. Il ne s’agit pas d’un problème de personne mais de fonction. Un recteur, un inspecteur de discipline, un proviseur, quelles que soient ses qualités personnelles, est un exécutant qui répercute les consignes de ses supérieurs.

Vous ne voyez pas ce que vous voyez

Tous ceux qui connaissent l’Education nationale de l’intérieur le savent : un proviseur veut être bien vu par son recteur et le recteur veut être bien vu de son ministre. C’est la raison pour laquelle les débats sur l’autonomie des établissements sont une vaste blague. Quand on parle d’autonomie des établissements, on envisage en fait d’augmenter les pouvoirs des chefs d’établissements. Etant donné que ces derniers sont étroitement contrôlés par le pouvoir politique, ce qu’on appelle autonomie des établissements aboutirait en fait à un renforcement du pouvoir hiérarchique sur les enseignants. Quant à ces derniers, ils ne tiennent généralement aucun compte de ce que leur disent les chefs d’établissements puisqu’on les somme de faire une chose puis son contraire tout en faisant mine de n’y voir aucune contradiction.

Cet exemple nous amène à un troisième point : les enseignants sont sans cesse confrontés à un discours officiel qui revient à leur dire « Ce que vous voyez, ce que vous vivez tous les jours, n’existe tout simplement pas. Vous vous trompez. » On pourrait en fournir des dizaines d’exemples. Certains politiciens et certains « experts » ne cessent d’affirmer de manière péremptoire que le nombre d’élèves par classe n’a aucune incidence sur l’ambiance de travail. Il existe des rapports, des études, des « démonstrations » qui aboutissent à cette conclusion aberrante : cela n’a aucune importance qu’une classe compte 20 ou 35 élèves.

Or, il se trouve que si. Comment le savons-nous ? Parce que nous sommes enseignants et que nous pouvons donc constater qu’il est toujours, sans la moindre exception, beaucoup plus difficile de faire classe à 35 élèves qu’à 20. Mais cette évidence partagée par tous ceux qui font cours ne change rien au discours officiel. On continue à nous déclarer, devant un arbre immense, « Regardez bien, il n’y a aucun arbre ici, pas l’ombre d’une branche. »

Plus on est de fous…plus on est de fous

Et quand je dis qu’il est beaucoup plus difficile de faire cours quand la classe compte 35 élèves que quand elle en compte 20, je ne pense pas prioritairement au « confort » du professeur. Les premiers à pâtir gravement des classes surchargées sont les élèves eux-mêmes. Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste des « sciences » de l’éducation pour comprendre que si la classe compte 35 élèves, il sera évidemment très compliqué d’apporter à chaque élève l’attention et l’aide dont il a besoin. Il est tout aussi évident que les risques d’indiscipline, de bavardages incessants, de tricheries, d’inattention, sont beaucoup plus importants si vous devez surveiller 35 élèves. Et j’utilise volontairement le verbe surveiller car si les élèves sont 35, de fait, vous ne leur apprenez pas grand-chose, vous les surveillez.

Justement, venons-en à la discipline. Régulièrement, des événements effrayants sont répercutés par les médias et provoquent un énième « débat » public qui donnent l’occasion à diverses personnalités de taper du poing sur la table en nous informant que « ça suffit comme ça » et « bon sang de bonsoir, il faut faire quelque chose ». Il s’agit en général d’actes de violence entre élèves ou dirigés contre des enseignants. Or, si ces incidents sont réels et inacceptables, ils restent néanmoins peu nombreux et, surtout, ils cachent ce qui constitue le véritable problème de discipline au quotidien. La plupart des enseignants, fort heureusement, ne sont pas passés à tabac par des élèves ou menacés physiquement pendant les cours. La réalité est moins spectaculaire et même en apparence si anodine que beaucoup d’enseignants ont honte d’en parler à des non-initiés.

L’autorité : un mystère métaphysique

Au quotidien, faire cours c’est tenter de capter l’attention d’une trentaine d’élèves qui parlent, ricanent, manipulent leur téléphone portable, bâillent, dessinent, se font des couettes, etc. La vérité est que les enseignants, sauf cas particulier, n’ont pas peur d’aller au travail. En revanche, ils savent qu’une très grande partie de leur temps de travail va être consacrée à des « activités » qui n’ont rien à voir avec l’enseignement et pour lesquelles ils ne sont pas formés. Ils vont devoir expliquer pour la 44ème fois à tel élève de lycée qu’il n’a pas le droit de se servir de son portable en cours. Ils vont devoir interrompre leur cours toutes les dix minutes pour réclamer, non pas le silence, mais un bruit de fond un peu moins important.

Bien sûr, cela ne se passe pas ainsi dans toutes les classes, à chaque séance, tous les jours. Mais c’est néanmoins la réalité la plus quotidienne du métier. Qui en souffre ? Comme toujours, les nombreux élèves qui n’utilisent pas leur portable en cours, qui ne discutent pas, ne ricanent pas. Mais si vous avez une classe de 35 élèves et que 12 d’entre eux se comportent mal, vous passerez votre temps à vous « occuper » de ces 12 perturbateurs, pas des 23 élèves consciencieux.

Quel est le discours ambiant face à ce problème ? Il consiste à marteler que c’est au professeur de faire preuve « d’autorité ». Quelle est la nature exacte de cette mystérieuse qualité métaphysique qu’on nomme « autorité » ? Personne ne le sait et chacun se garde bien de tenter de la définir. Il s’agit, là encore, d’un point très délicat à expliquer à quelqu’un qui n’est pas de la « maison » Education nationale. On peut en effet se dire en toute bonne foi qu’en effet un bon professeur est quelqu’un qui maintient l’ordre dans sa classe. Mais il s’agit d’une fausse évidence qui ne résiste ni à l’examen intellectuel ni à la sanction de l’expérience concrète. Un enseignant n’est pas doté de pouvoir magique. Face à une classe indisciplinée, il ne va pas, par la seule vertu de son incroyable charisme, rétablir l’ordre instantanément.

Il n’est pas nécessaire que le système fonctionne, il suffit qu’il en ait l’air

En réalité, l’appel à « l’autorité » du professeur est un moyen commode de balayer la poussière sous le tapis. Prétendre que tout dépend de l’autorité du professeur, c’est affirmer que quand une classe n’est pas studieuse, c’est uniquement et intégralement la faute de l’enseignant. Ce n’est pas parce que les effectifs sont trop nombreux. Ce n’est pas parce qu’on laisse des élèves qui ont 5 de moyenne passer au niveau supérieur, ce n’est pas parce que des filières entières sont des voies de garage où on envoie les élèves dont on pense qu’ils n’arriveront de toute façon à rien (absolument tout le monde le sait et le dit en interne mais il est entendu que, publiquement, on doit impérativement dire le contraire, à savoir que tout le monde peut réussir dans n’importe quelle voie et que toutes ces voies ont une égale “dignité”).

Non, c’est parce que le professeur n’a pas assez d’autorité. Il faut noter d’ailleurs que beaucoup de chefs d’établissements estiment, et le font savoir, que si un enseignant sanctionne souvent des élèves, c’est que cet enseignant a…un problème d’autorité.

Que doit-on conclure de tout cela ? C’est simple : la hiérarchie ne souhaite pas prioritairement que les établissements scolaires fonctionnent harmonieusement et que les élèves réussissent, la hiérarchie souhaite prioritairement qu’on ait extérieurement l’impression que l’établissement fonctionne et que les élèves réussissent. C’est la raison pour laquelle un proviseur lambda préfère toujours que ce soit le bazar dans une classe du moment que cette réalité n’est pas connue en dehors de l’établissement.

En revanche, si vous expulsez souvent des élèves de cours, les parents vont se manifester, demander des explications, et il faudra bien reconnaître que les choses se passent mal. C’est pourquoi il est communément admis au sein de l’Education nationale qu’un enseignant qui use de son autorité pour expulser de cours des élèves perturbateurs est…un professeur qui manque d’autorité.

Les élèves ont des vacances, les profs ont des privilèges

Les enseignants reçoivent-ils une formation à « l’autorité » ? Bien sûr que non. On se contente de seriner qu’un enseignant qui sait intéresser ses élèves aura le silence dans sa classe, ce qui revient à dire que si les élèves n’ont pas envie de mettre le bazar, ils ne mettront pas le bazar. Brillant. Mais dans la vraie vie, les enseignants sont des gens normaux, pas des gourous, pas des rock stars, ni des prêcheurs pénétrés de l’esprit saint. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour intéresser les élèves, ils réussissent parfois, ils échouent souvent, ils recommencent, ils font de leur mieux. Et si 15 élèves ont décidé que la matière enseignée ne les intéressait pas ou qu’ils n’aiment pas le prof ou qu’ils préfèrent se raconter des blagues ; « l’autorité » du professeur n’y changera rien.

Je n’ai pas un esprit de corps très développé mais mon expérience dans de nombreux établissements scolaires m’a appris que les enseignants, dans leur immense majorité, sont des gens patients qui essaient du mieux qu’ils peuvent de faire correctement leur métier.

Oui, ils doivent être extrêmement patients pour entendre constamment des « experts » de l’éducation (l’enseignement c’est comme le foot, n’importe quel quidam est persuadé de savoir comment il faut s’y prendre pour gagner la coupe du monde) noter finement que, tout de même, les enseignants ont vraiment beaucoup de vacances. En début de carrière, je répondais que, fondamentalement, ce sont les élèves qui sont en vacances et qu’il n’y aurait guère de sens à envoyer les enseignants faire cours dans des salles vides.

Mais pourquoi donc ne se réunissent-ils pas ?

Mais j’ai constaté que cette évidence de bon sens ne désarçonne en rien ceux qui ont décidé que les profs sont des paresseux. Ils vous répliquent généralement que les enseignants pourraient très bien se rendre dans leurs établissements pendant les vacances des élèves afin de « se réunir ». Personne n’est capable d’indiquer ce que serait l’objet et la fonction de telles réunions mais peu importe, si les enseignants se réunissaient pendant les vacances, on serait au moins certain qu’ils ne sont pas chez eux en train de boire des mojitos en se mettant leur slip sur la tête.

Il ne sert à rien non plus de souligner que le temps de travail réel des enseignants en France est estimé à 40 heures par semaine. Ou que les profs sont déjà convoqués à longueur d’années à des réunions qui ne servent souvent à rien, si ce n’est à écouter un cadre de l’administration leur expliquer que tout va bien dans le meilleur des mondes.

La machine Education nationale continue de fonctionner. Pourquoi ? Parce que les enseignants baissent la tête et continuent sagement de faire leur travail. Parce que les élèves consciencieux qui n’arrivent pas à travailler correctement baissent la tête et essaient de s’en sortir quand même. Parce que les chefs d’établissement continuent à faire des rapports à leur hiérarchie où ils jurent, main sur le cœur, que leur établissement fonctionne à merveille et que les choses iront d’ailleurs de mieux en mieux grâce à une série de projets pédagogiques élaborés par la communauté éducative dans la joie et l’exaltation. Mais tout ne va pas bien et les choses ne s’amélioreront jamais si nous persistons à arrondir les angles.

Aime ton métier et fais-le savoir

Je devrais terminer en affirmant que, malgré tous ces problèmes, j’aime mon métier et qu’il m’apporte des joies ineffables. Je devrais calquer le discours des ministres qui commencent toujours par rappeler que les enseignants font un travail merveilleux avant d’annoncer des mesures qui vont rendre ce travail beaucoup plus difficile et inefficace. Mais mon sentiment réel est que l’enseignement devient, de plus en plus au fil du temps, un travail ingrat accompli péniblement dans un environnement d’hypocrisie généralisée. Une mauvaise pièce de théâtre indéfiniment jouée devant un public indifférent.

37 Réponses

  1. Monsieur G

    C’est exactement ce que je ressens et ce qui me fait dire que, au bout de deux ans seulement, je dois penser à la reconversion. Moralement c’est plus possible de faire ce métier, je ne veux pas être complice d’un système qui est une coquille vide de sens. Merci pour cet article, ça me fait du bien de savoir que je ne suis pas seul, étant entouré de collègues qui n’ont pas l’air d’être affecté par ce système.

    Répondre
  2. Gorin

    Comment faire pour continuer quand on y croit plus, qu’on n’a plus la force de préparer les cours et corriger les copies car on sait que c’est une vaste plaisanterie et qu’on a perdu le sens de notre mission ?
    Personnellement, cela fait 7 ans qu’à chaque rentrée je perds un membre de ma famille et en 2017 mon mari s’est suicidé, à la rentrée de septembre c’est ma mère que j’ai perdue…et là je n’en peu plus, je ne tiens plus ni moralement ni physiquement…je perds pied et mon métier ne m’aide pas à remonter la pente…il m’enfonce plutôt avec tous ces nonsenses. Que dois je faire ? M’arrêter plusieurs mois pour prendre soin de moi ou continuer à y aller sans entrain avec l’envie de fuir à chaque heure???? Dites moi s’il vous plaît !!!!! Merci beaucoup.

    Répondre
    • Fredlab

      Un arrêt de travail… ça fait du bien
      (par contre, il faut pouvoir couper vraiment et pas en profiter pour régler le travail en retard)
      Les anti-dépresseurs, ça peut aider.
      Courage.

      Répondre
    • Maire

      Arrêtez vous plusieurs mois et prenez soin de vous. Il n’y a plus de scrupules à avoir. Pensez-vous que l’EN se soucie de votre bien-être ?

      Répondre
    • Joslyn

      Bonjour cher collègue
      Je vous invite à prendre du temps pour vous chez moi en Martinique on aime à dire “i pa ni défun travay” ce qui signifie qu’il n’y a pas de défunt travail” donc prenez rendez-vous avec votre médecin traitant et parlez lui je pense qu’il vous donnera un arrêt de travail ! Obeissez et arrêtez vous ! Écoutez vous, prenez soin de vous ! Votre seule priorité c’est vous !
      Je vous souhaite le meilleur

      Répondre
    • Ch.B.

      Bonjour Madame (Gorin),
      Etant enseignante moi aussi, je vous conseille très fortement, si ce n’est pas déjà fait, de consulter un psychologue afin de lui confier tout ce que vous avez sur le coeur, et si besoin, de vous faire arrêter quelque temps, le temps de retrouver goût à votre quotidien, de reprendre des forces. Je ne vous connais pas, bien sûr, mais j’ai l’impression qu’il vous est actuellement très difficile de digérer des drames personnels, qui n’ont pas forcément de rapport avec votre travail, mais qui (et c’est bien normal) vous empêchent de prendre goût à ce que vous faites. Ce qui n’empêche pas qu’en effet, le métier d’enseignant n’est pas un métier d’idéaux malheureusement, ce n’est pas un métier qui fait rêver quand on le pratique, il faut prendre beaucoup de recul et se ménager une vie personnelle confortable pour compenser la désillusion… C’est triste et ça ne vous aide pas à remonter la pente… D’où le fait, je pense, qu’il faut vous faire aider, quitte à prendre momentanément vos distances avec le métier. Bon courage à vous en tout cas !

      Répondre
    • Sandrine

      Je suis désolée de tout ce qui vous arrive. Le travail parfois nous aide à aller de l’avant mais si, au lieu de vous aidez à surmonter tout ce que vous traversez, vous vous sentez vous enfoncez, prenez du temps pour vous…il faut savoir s’écouter. Bon courage à vous

      Répondre
    • MBS

      Je ne suis personne pour donné des conseils. Donc ne prend pas mes paroles pour quelque chose de professionnel ou autre. Néanmoins si ton métier te détruit tu devrais arrêté. temporairement du moins. Je sais bien que l’utopie du métier qui rend heureux est dur pour beaucoup mais il peux existé. Dans ton cas (qui me parait être dur moralement ) tu devrais stoppé ce que tu fais et te laisser du temps. si a la fin de ce temps tu as envie de retourné dans ton établissement alors c’est que ce métier est fait pour toi.
      Encore une fois je ne suis personne donc réfléchie et questionne les gens qui t’entours.
      Bon courage.

      Répondre
    • Marilyne

      Bonsoir,
      Mes condoléances pour la perte de vos proches qui doit être terrible à surmonter.
      Vous semblez avoir besoin de souffler et de vous ressourcer. Ne restez pas seule !

      Répondre
    • Pascale

      Fais une fiche SST. Pas facile car on n’a pas l’habitude mais je l’ai fait et ne regrette pas. Depuis le suicide de Christine Renon, ils ont un peu la trouille.

      Répondre
    • Adado

      Je compatis sincèrement à votre douleur, je n’ose imaginer ce que vous vivez:que donner à ses élèves lorsqu’on se sent vide? J’ai vécu ça mais je ne cesse de me battre contre ce néant qui m’envahit: comme on dit” à chaque jour suffit ça peine” alors je me relève et j’avance en regardant devant et pas derrière moi! j’apprécie chaque petite chose qui me fait du bien. Trouvez votre “lubie ” une activité manuel ou autre qui vous permettra de vous évader de ce quotidien pesant, bon courage

      Répondre
  3. elo

    Merci pour cet article lucide sur l’EN et très juste. J’ai démissionné à la rentrée. J’enseignais depuis deux ans…

    Répondre
  4. Enrika

    Hélas, je me retrouve tellement dans votre article!
    Prof depuis 20 ans, je ne fais que constater cette “hypocrisie” que vous mentionnez.
    Hypocrisie des examens comme le brevet ou le bac, pseudo “bienveillance” dont on nous rabat les oreilles, mirages de l’inclusion (liée en réalité à des choix budgétaires), jargon des compétences, etc… et tout le monde, y compris les élèves , souffre dans ce navire à la dérive.

    Répondre
  5. Eric PLP

    Au moins en Belgique vous avez pu stopper la réforme des retraites … ici c’est parti pour qu’elle passe et les enseignants auront donc la triple peine …

    Répondre
    • Vero15v65

      Je ne comprends pas d’où vient cette rumeur infondée sur le fait qu’en Belgique nous avons ” stoppé la réforme des retraites”.
      Voulez-vous savoir ce qu’il en est exactement ?
      La retraite ici est fixée à 65 ans pour le moment. Elle passera à 67 ans dès 2030. Pour les enseignants comme pour les autres … Je ne vois pas trop ce que notre situation a d’enviable …

      Répondre
  6. Philippe

    Très belle analyse. A l’hypocrisie généralisée, bel et bien palpable en permanence, j’ajouterais la lâcheté généralisée : celle qui consiste, sous l’appellation justement hypocrite de “bienveillance”, à nier les problèmes, à laisser se poursuivre la progression de la gangrène (l’incivisme, l’irrespect, la violence sous toutes ses formes, l’échec généralisé des missions d’enseignement qui n’atteignent plus que des résultats affligeants, eux aussi occultés sous le masque le plus odieusement mensonger : l’excellence).

    Répondre
  7. Pascale

    31 ans d’ancienneté en élémentaire, directrice d’école, j’ai tellement aimé ce métier qu’il m’aidait à surmonter les moments personnels difficiles. Maintenant je me suis rendue au même constat de mon inutilité et c’est terrible à vivre.

    Répondre
  8. Meriem BENMEHEL

    Monsieur,
    Votre article m’a été transmis par ma sœur,qui elle même est enseignante et qui a beaucoup apprécié votre écrit.Pour ma part je salut votre grande humilité,votre amour pour ce métier dont vous mesurez la responsabilité et que vous portez avec courage et grandeur.je salut votre générosité,votre probité,votre candeur et je dirais tout simplement votre foi.Je n”ai pas fini de lire ce beau texte.Croyez en mon sincère soutien et admiration ainsi que mon profond respect.Bon courage.

    Répondre
  9. floria

    Analyse extrêmement juste et dans laquelle la majorité des enseignants se retrouve. La plupart des enseignants travaillent en se demandant quel boulot ils aimeraient faire en reconversion.

    Répondre
  10. Fred

    Bel article , je suis venu à l’enseignement par reconversion pro après 20 ans dans une entreprise. Ce qui m’a le plus sauté aux yeux c’est effectivement l’écart entre le discours des enseignants et le peu d’actes en rapports à l’extérieur, beaucoup parlent mais le moment venu cherchent à “rester dans les clous”. Je mettrai cependant un bémol sur le chapitre de l’autorité, car si on peut à juste titre estimer qu’il y ait un manque de formation dans ce domaine, elle reste de la compétence de l’enseignant et je ne pense pas que l’on puisse résumer l’autorité au nombre d’élèves exclus ou punis.

    Répondre
  11. Sylvyane Husin

    Et c’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé de prendre ma retraite le plus tôt possible en préférant avoir une petite retraite plutôt que de me laisser anéantir par l’amertume et la déception. Merci pour votre texte !

    Répondre
    • PISTORIUS

      C’est ce que j’ai fait ! Je suis partie alors qu’il me manquait plus de 2 ans de trimestres. Je n’en pouvais plus entre le harcèlement, les intimidations, la culpabilisation, cette hypocrisie et j’en passe. Les collègues qui se plaignent mais baissent la tête et ne disent rien car ils craignent “les représailles” ! Mon médecin n’a pas été coopératif… Ils le sont de moins en moins… On dirait qu’eux aussi ont reçu des consignes… On perd beaucoup d’argent surtout lorsqu’on enseigne en Université. Mais notre santé et notre liberté sont les biens les plus précieux ! Votre texte est très objectif ! Merci !

      Répondre
  12. Lopez

    Je suis prof en primaire depuis 26 ans et je vous rejoins en tout point.
    Merci d’avoir eu le courage et pris le temps de rédiger ces lignes.

    Répondre
  13. JM

    Merci d’avoir partagé ce sentiment et ces mots très justes avec nous. Enseignante, je me retrouve énormément dans votre discours. Je continue, car il y a des (rares) moments de grâce (entendre un élève dire qu’on est la meilleure prof, un visage qui s’illumine d’avoir compris, un élève qui demande et insiste pour qu’on soit aussi son prof l’an prochain…), mais j’ai toujours en fond l’idée d’une reconversion. Le plus dur dans ce métier est pour moi l’absence de reconnaissance de la société, ce “t’es toujours en vacances” et ce “ça doit pas être bien difficile de gérer une classe” me sortent par les yeux après seulement 3 ans d’exercice. J’espère arriver à acquérir suffisamment de recul avec l’expérience pour que cela n’affecte plus mon énergie !

    Merci encore pour votre témoignage qui résonne !

    Répondre
  14. Isabelle Labrosse

    Merci pour cet écrit.
    Il y a 30 ans, j’ai annoncé que je voulais être enseignante en élémentaire et quelqu’un m’a dit ” Ne fais pas ça malheureuse, c’est mal payé et c’est un métier ingrat !” J’ai passé le concours sans difficulté et motivé…Reçue et fière de mon travail. Mais j’ai toujours gardé dans ma tête, le mot : ingrat! Ce mot résonne de plus en plus fort et a de plus en plus de sens. J’ai même envie de rajouter : bouc émissaire…oui comment dire, “serpillère ambulante” sur laquelle chacun ( la société, les parents) vient se décrocher au moindre problème. Ils vont dormir tranquille et toi tu rentres chez toi avec toute ta culpabilité, tu as failli…
    Tu veux rentrer dans l’enseignement ?
    ” Ne fais pas ça malheureuse, c’est un métier de bouc émissaire mal payé, c’est un métier ingrat ! ” Voilà ce que je dirai…
    Mais tu peux essayer, tu t’inscris et c’est bon, c’est facile…

    Répondre
  15. Mitch

    Professeur agrégé en postbac (essentiellement BTS) en fin de carrière, Je vis et partage tout ce qui est écrit dans l’article. Ce métier n’a plus de sens pour les raisons très bien évoquées plus haut…les doubles injonctions sont devenues monnaie courante: trop exigeant (‘qui parle un anglais parfait de nos jours?’) , pas assez exigeant (‘vous sous exploitez les capacités des élèves à s’exprimer spontanément’). Des référentiels et épreuves inchangés alors que nous ‘accueillons’ (admirez la roublardise du langage) au moins un tiers d’élèves issus de bac pro…mais il suffit d’une grille d’évaluation bien calibrée (avec ‘bienveillance’) pour arranger tout cela. Ces diplômes n’auront bientôt aucune valeur réelle et c’est vrai que nous somme complices de tout cela. Aucune ‘aide’ psychologique ne changera ce fait… Alors une fois que tout cela sera finalement reconnu, à quoi serviront les concours comme le CAPES et l’agrégation? Il pourront être supprimés sans problème…vacataires et contractuels (‘formés’ au pied levé par les titulaires en place, qui, c’est vrai, n’avaient pas grand chose à faire) font déjà le boulot des TZR avec des compétences et une implication variables, mais cela suffira bien, et effectivement ‘il n’est pas nécessaire que le système fonctionne, il suffit qu’il en ait l’air’…

    Répondre
  16. Isabelle

    Merci Christophe, vous avez initié un échange d’idées.

    Voici mon témoignage…

    J’enseigne les cours de sciences 🧪🔬🦠 aux élèves de 11 à 15 ans en Belgique.
    Mon réseau est le réseau officiel de la fédération Wallonie Bruxelles. Il y a aussi un réseau libre, catholique.
    Il existe aussi en Belgique des écoles provinciales,communales, privées.

    J’ai d’abord donné cours à Bruxelles depuis 1993 ( vers les années 2000 beaucoup d’élèves faisaient quelques kilomètres en provenance de Molenbeek … pour venir dans notre école ).

    J’enseigne depuis septembre 2003 à 40 km de Bruxelles.
    C’est un métier complexe…
    Mais en ce 28 février 2020 je peux clamer que je suis une enseignante heureuse et comblée par son métier.
    J’ai connu des moments difficiles dans mon interaction avec certains élèves mais cela m’a permis de grandir.

    Je pense que pour rentrer dans une classe il faut avoir une très bonne santé physique et mentale.
    Si la dépression pointe le bout de son nez cela devient plus que compliqué de devenir animateur, enseignant, coach, « inspirateur » , …dans une classe.

    Un homme s’est formé en neurosciences et a lancer une nouvelle école ( privée ) à Bruxelles où il propose une centaine d’élèves regroupés mais avec une pédagogie et une disposition des bâtiments très différentes.
    Il y a une vidéo sur YouTube qui présente ce projet.
    Le titre de cette vidéo sur YouTube est : « Sauver l’école. »🤪

    Merci de votre attention. Carpe diem.🌸🌸🌸

    Répondre
  17. Amusidora

    Merci pour cet article, j’ai démissionné de l’éducation nationale après seulement 2 ans dans le métier et je dois avouer que vous exprimez parfaitement cette hypocrisie générale qui règne dans les établissements. Tout va pour le mieux, on va vous mettre un prof tuteur pour vous aider avec la discipline parce que ça fait tache de renvoyer des élèves qui sont ingérables en cours. Vous voulez démissionner ? Mais quelle idée vous faites un si beau métier, les candidats vont se battre pour votre place dans un collège difficile de banlieue parisienne. Vous n’êtes qu’une ingrate.
    J’ai raconté mon expérience de prof d’anglais et ma démission dans cet article si cela vous intéresse https://www.amusidora.fr/pourquoi-et-comment-jai-demissionne-de-leducation-nationale/, merci encore pour cet article qui nous rappelle que nous ne sommes pas fous de voir que tout va mal…

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.